Article: LE RAVALEMENT D’IMMEUBLES D’HABITATION

Peinture décorative ?

Enduit hydraulique, minéral, organique ?

Vêture, vétage, façade ventilée ?

Isolation thermique par l’extérieure ?

Un ravalement de façade n’est pas une opération banale et nécessite un diagnostic technique précis et une bonne compréhension des objectifs de la copropriété ou du bailleur social.

C’est un fois cette phase terminée que le cahier des clauses techniques particulières (CCTP) pourra être établi et qu’un choix de solutions techniques et esthétiques pourra être proposé.

Outre l’aspect visuel apporté par un ravalement, cette opération est une opportunité pour la revalorisation du patrimoine bâti.

En analysant l’enveloppe de la construction, l’architecte pourra proposer de :

  • Mettre en valeur l’architecture du bâti existant.
  • Transfigurer une « barre » des années soixante
  • Rénover à l’identique.
  • Repenser une nouvelle façade et rajeunir de 30 ans un immeuble.
  • Imaginer de nouveaux balcons pour créer de vrais espaces extérieurs prolongeant le logement.
  • Proposer des revêtements résistants au vieillissement ou à la pollution.
  • Repenser les abords et les pieds d’immeubles.
  • Etc…

C’est aussi l’occasion de prévenir des désordres importants d’ouvrages non concernés par le ravalement. Régulièrement, des sinistres d’effondrement de balcons se produisent suite à la corrosion des armatures des dalles en porte à faux.

Enfin se pose la question de l’opportunité d’une isolation par l’extérieur (ITE), qui peut être facteur d’importantes économies d’énergie, amplifiées par les aides fiscales actuelles et à venir.

Si la technique de l’ITE offre une gamme importante de revêtements qualitatifs de toute sorte, la solution la plus économique et efficace thermiquement est celle de l’enduit sur polystyrène (PSE).

De nombreux systèmes performants existent sur le marché.

Mais attention à la règlementation complexe en matière de lutte contre l’incendie !

Certes, les obligations de mise en œuvre de barrières coupe-feu existaient déjà, mais les récents incendies se propageant par les façades isolées par l’extérieur ont fait évoluer cette règlementation.

Les essais de propagation du feu (Essais LEPIR 2, en autres) sur les différents procédés des industriels ont permis l’élaboration du guide de préconisations ETICS PSE en septembre 2020. (External Thermal Insulation Composite System)

Isolant PSE, PSE graphité avec enduits minces ou épais, sur-isolation, la mise en œuvre de ces matériaux y est décrite en fonction :

  • Du type de famille du bâtiment concerné (3° famille A & B, 4° famille, IGH, IMH, ERP 1° groupe)
  • De la configuration de la façade et de ses ouvertures
  • Du respect de la règle du C+D
  • Du classement EURO CLASS des matériaux

(A : inflammabilité, s : production de fumées, d : production de gouttelettes et débris enflammés)

Ces contraintes ne doivent pas non plus faire oublier les problèmes de condensation et de renouvellement d’air : une bonne ventilation mécanique contrôlée (VMC) va de pair avec étanchéité à l’air et bonne isolation thermique.

C’est pour toutes ces raisons que l’établissement du cahier des charges de la rénovation de l’enveloppe d’un bâtiment est un document primordial.

Lui seul permettra de lancer une consultation des entreprises dans de bonnes conditions, avec à la clé un rapport d’analyse des offres efficace et sans surprise pendant le chantier.

Depuis des décennies, l’Agence Brunold & Michon architectes partage son activité entre constructions neuves  (Logements, bâtiments d’activité et d’équipements publics) et réhabilitation du patrimoine bâti pour des institutionnels, des copropriétés ou des particuliers.

Son expertise tout au long des missions de maitrise d’œuvre, du diagnostic à la réception des travaux, vient d’être récemment complétée par la formation à la nouvelle règlementation incendie relative aux procédés d’isolation par l’extérieur.

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